
Pas assez!
Oui, assez de ces causes haineuses étrangères, et qui ne nous concernent en rien.
Aurions-nous donc, en France, atteint un stade si ultime de perfection, que la plus arachnéenne des évolutions nous en ferait irrémédiablement choir ?
Serions-nous désormais dans cette situation où il nous faut offrir à nos prodigieux talents le monde, seul chantier à leur mesure, afin qu’ils le rapprochent de notre perfection ?
De grâce, un peu de lucidité ! La France étouffe. La France recule. La France se perd. Se désespère. Faible, elle est de moins en moins entendue. Ses tirades internationales sans effet la ridiculisent.
C’est dramatique pour la marche du monde, à qui manque aujourd’hui sa voix tellement singulière. Et c’est pour chacune, chacun d’entre nous, un anéantissement existentiel.
Depuis cinquante ans, nos dirigeants ont failli. Certes, ils se sont occupés des Français, comme autrefois on avait ses pauvres… mais si peu, si peu de la France et de ses intérêts!
Que de « pas assez » nous ont emmenés là !
- Pas assez de modestie idéologique, de réflexion critique sur nos sacro-saints principes des droits de l’Homme, trop souvent récités, ânonnés mécaniquement sans y apporter la moindre valeur ajoutée jamais,
- Pas assez de France éternelle, son Histoire, ses terroirs, ses arts et ses héros,
- Pas assez de maîtrise de la langue française, cette matrice infatigable de la pensée libre et citoyenne,
- Pas assez de morale partagée dès le plus jeune âge, et rendue crédible par ses applications,
- Pas assez de liberté d’entreprendre, corsetée par des codes et procédures délirants produits par des idéologues chimériques,
- Pas assez d’authentique démocratie, alors qu’une défiance réciproque s’est installée entre élus et citoyens, faute de dialogue confiant et consistant sur la « chose publique », en périodes d’élection comme de gouvernement,
- Pas assez de justice ferme et rapide au premier délit,
- Pas assez de stratégie partagée par la Nation, concernant la défense, l’industrie, les réseaux, l’énergie, la culture, l’éducation, l’immigration, le modèle sociétal,
- Pas assez de liens sociaux, formels et informels, et notamment entre l’Etat et la famille,
- Pas assez d’élites ayant la grandeur de la Nation chevillée au coeur, et s’honorant de la servir avant toute chose,
- Pas assez de dépenses publiques efficaces, sobres mais aussi audacieuses, comprises et approuvées par des citoyens responsabilisés,
C’est cela qui nous affaiblit, cela sur quoi il nous faut travailler, avec opiniâtreté. Si nous reconquérons notre puissance industrielle, économique et militaire, nos savoirs et surtout notre force intérieure, nous serons à nouveau écoutés.
Et n’en doutons pas, capables de stupéfier à nouveau le monde.
Daniel Rigaud